100 ans de la carte du combattant
Depuis 1926, près de 9 235 824 cartes ont été délivrées. Derrière chacune d'elles, il y a un nom, un parcours, un engagement.
Dans cette vidéo partez à la rencontre de celles et ceux qui font vivre cette mémoire . Découvrez le témoignage du maréchal des logis Maryline, militaire d'active, et de William Schilardi, ancien combattant d'Indochine. Leurs récits sont accompagnés des explications de Philippe Jacquet, chargé de mission « carte du combattant » à l'Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG), qui revient sur la procédure d'instruction des dossiers, leur traitement et les droits associés, ainsi que l'éclairage historique du colonel Joussen, historien militaire.
Un regard à la fois humain et documenté pour comprendre ce que représente la carte du combattant, hier comme aujourd'hui, et pourquoi elle demeure un symbole fort de reconnaissance de la Nation.
On se battait avec les Viet mais on se battait aussi avec le les intempéries. Je suis là. La liberté a un prix. Le prix et je l'ai connu. Oui, je l'ai connu. Je l'ai connu en Indochine. Je l'ai connu à Diên Biên Phu. Le premier mort de Diên Biên Phu, c'est le toubib du 6e, Raymond. Ah oui, c'est le départ ça. Les derniers jours étaient terribles. Les Viet attaquaient la nuit. Moi, j'étais à la corvée de bois, à cette époque-là. C'est une machine infernale. Aujourd'hui, j'en ai encore des échos. Il a sauté le 21 avec nous. Tu vois, ça me rappelle. Il y en avait qui avaient des membres en moins qui étaient aveugles. Il n'y avait pas que moi, des blessés, il y en avait plein. Je pose le pied, ça donne des coups de poignard. Puis les éclats, quand ils sont là, ils sont là. La preuve, aujourd'hui ils ressortent. Il y a 70 ans, il est rentré là, tu vois un petit trou, et là, il il est là, il a fait ça. On me dit : "Tu vas rester là, tu vas rester blessé." Je dis "Non, je vais avec vous." On ne laissait pas un copain à l'arrière, jamais. Et sans mes frères d'armes, je ne serais pas là aujourd'hui.
La carte de combattant représente tout ça, ce sacrifice.
Le département de la reconnaissance et la réparation de l'Office national des combattants et des victimes de guerre poursuit sa mission de soutien depuis 1916. Fidèle à sa devise, mémoire et solidarité. C'est ici que se matérialise chaque jour, par l'ouverture de nouveaux dossiers, la considération de toute la Nation pour ceux qui se sont sacrifiés pour elle.
Ma mission, essentiellement, c'est la gestion de la procédure d'attribution de la carte du combattant. à l'échelon national. Il y a une procédure d'instruction qui est en charge de valider ou non les droits des intéressés à la carte du combattant. Je suis en train de traiter le dossier du maréchal des logis Marilyne qui a déposé une demande de carte du combattant et de titre de reconnaissance de la nation. Et donc elle justifie des conditions pour obtenir cette reconnaissance. Donc là je suis en train de finaliser les dernières opérations de façon à ce que le dossier soit bien examiné à la prochaine commission et qu'elle ait sa carte du combattant le plus rapidement possible. Je reviens sur votre dossier. J'ai regardé et donc c'est bien le 61e régiment d'infanterie.
Cette instruction est faite tous les trimestres aux Invalides. La commission nationale de la carte du combattant se réunit. Elle examine la totalité des dossiers qui lui sont présentés. Parmi ces dossiers, il y a des cas particuliers pour lesquels l'expertise de la commission est une vraie plus-value pour l'examen des droits à la carte du combattant de nos ressortissants. La carte du combattant, c'était un document qui était d'une taille assez importante. Aujourd'hui, on en a fait un format carte de crédit, qui est plus propice à être dans un portefeuille, dans un porte-carte. La carte du combattant est moderne. Donc la carte du combattant en premier lieu donne droit à la croix du combattant. Après, on a des avantages financiers, la souscription de contrat de retraite mutualiste où l'État participe au financement de cette retraite. À 65 ans, les intéressés peuvent obtenir l'allocation de reconnaissance du combattant. À 74 ans, ils peuvent prétendre à une demi-part fiscale. Pour finir l'hommage ultime, quand ils décèdent, ils peuvent voir leur cercueil recouvert du drapeau tricolore. On reconnaît des droits à la carte du combattant pour des militaires qui sont morts pour la France aussi. On a le sentiment dans ces cas de participer un peu au deuil national et de contribuer à notre façon à l'hommage qui est rendu aux soldats décédés. Voilà, l'actualité est quelque chose qui nous colle un peu à la peau en matière de reconnaissance. On est toujours très réactif. C'est-à-dire que quand un militaire décède, dans les quelques jours qui suivent, on essaie d'être le plus réactif possible pour que la famille ait la juste reconnaissance à laquelle le défunt avait droit. Quand j'arrive le matin, la première chose dont je m'assure, c'est de regarder s'il est titré, s'il a la carte du combattant, le titre de reconnaissance de la Nation. C'est quelque chose d'automatique pour moi. Par moment, je pense un peu et je respire ancien combattant. Depuis trois générations dans ma famille, tout le monde a obtenu la carte du combattant et je possède même les cartes du combattant de mon arrière grand oncle et de mon arrière-grand-père qui sont des combattants de 14-18 avec des belles photos noir et blanc, quelque chose à laquelle je suis très attaché.
"Le poilu, c'est l'homme qui souffre, qui meurt, qui court à la mort, qui sait sa fin prochaine et qui ne se plaint ni de sa souffrance, ni de la courte durée de son existence." Ces mots de Joseph Queille, mort au feu en 1917, illustrent bien le courage et le sacrifice d'une génération entière de jeunes garçons. La Grande Guerre porte bien son nom parce qu'il n'y a pas un jour sans combat. Tous les jours sur les 600 km de front, il y a des combats, il y a des blessés, il y a des morts. En 4 ans, on va appeler sous les drapeaux 8 millions de soldats. 1 400 000 vont périr. 5 millions et demi d'entre eux ont été blessés. Et parmi ces 5 millions et demi de blessés, plus d'un million sont des invalides. À une époque où la sécurité sociale n'existe pas, où le régime des retraites n'existe pas. Vous vous doutez bien que lorsque vous êtes menuisier et que vous avez laissé un bras sur le champ de bataille, c'est difficile de reprendre votre travail et ce sera matérialisé techniquement par le fait de recevoir cette carte du combattant pour pouvoir leur permettre de se réinsérer dans la Nation et puis de montrer aussi l'effort du pays vis-à-vis de ceux qui ont combattu, laissé leur sang sur les champs de bataille. Ce statut d'ancien combattant avec la carte qui est associée, c'est quelque chose qui aboutit en 1926. Le statut et les avantages créés pour reconnaître les sacrifices faits par les anciens combattants perdurent jusqu'à nos jours, jusqu'à aujourd'hui. En fait, tous ces dossiers, ce sont des dossiers conservés au service historique de la défense et qui regroupent l'ensemble des pièces qui permettent de décrire et de suivre la carrière d'un officier dans les Armées, qui permettent d'ouvrir le droit à la carte du combattant et à tous les droits qui y sont liés. C'est toujours l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre qui nous saisit pour avoir des précisions ou des éléments probants quand ils reçoivent une demande. On a sorti les dossiers de personnalités très connues de la Grande Guerre comme le capitaine Guynemer. Là, je suis devant le dossier du maréchal Foch. Le service historique de la défense a dans ses missions d'établir la liste des unités combattantes, c'est-à-dire dès qu'il y a un théâtre qui est ouvert, permettre à ces soldats, marins, aviateurs et gendarmes de pouvoir demander à recevoir la carte du combattant, à pouvoir bénéficier de la croix du combattant. Donc c'est comme ça que la croix du combattant vient apparaître sur les poitrines des anciens mais aussi des soldats modernes.
Bonjour. Bonjour. Voilà votre décoration. On vous a bien monté la croix du combattant. Merci beaucoup. Bonne journée. Bonne journée. Au revoir.
Je viens de récupérer la croix du combattant. Donc ça me fait plaisir de pouvoir l'ajouter à mes autres médailles et je vais être ravie de la porter. J'ai commencé en Côte d'Ivoire en 2022. puis au Niger sur Barkhane. C'est justement cet OPEX là qui me permet d'avoir la carte du combattant. C'est 4 mois de notre vie où on sait qu'on sacrifie nos familles dans un sens. Maintenant on aime ces sacrifices. Pourquoi ? Parce qu'on est là aussi pour porter un treillis et nous rendre fiers et rendre fiers de nos proches à travers ce métier. Donc c'est un sacrifice mais c'est un sacrifice qui en vaut la peine. C'est forcément un honneur de recevoir la carte du combattant pour nos sacrifices et on se dit que ça en vaut la peine et en plus de ça on est reconnu pour. Tous les noms que vous voyez, c'est le nom de tous les soldats qui sont tombés en opération extérieure. La chef Claudin Fany, c'était une de mes camarades assez proches et voilà jusqu'où notre sacrifice peut aller. Voilà.
Je vous remets la croix du combattant.
Et il y a des gens qui m'ont aidé et qui eux sont pas arrivés au camp. Ils sont morts pendant le pendant le chemin, dans la souffrance et qui m'ont aidé. Pour moi, le mot aider est supérieur au mot aimer. Aider c'est incroyable.
Félicitations. Merci. Continuez comme ça. Merci.
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