Je demande l’indemnisation de mes préjudices

Publié le : 02/06/2026

Je suis militaire de réserve opérationnelle ou ancien militaire de réserve opérationnelle. J’ai été blessé lors d’une période de convocation ou j’ai contracté une maladie dans les suites du service. Ce parcours me guide, étape par étape, pour comprendre mes droits, effectuer les démarches nécessaires et bénéficier d’une prise en charge complète.

Les étapes durant cette période

La pension militaire d’invalidité

Je peux demander une PMI sans condition de délai, même avant la consolidation. Elle peut être accordée en premier lieu à titre temporaire (pour trois ans), avant d’être révisée pour devenir définitive.

Elle indemnise de manière forfaitaire :

  • la perte de revenus ;
  • l’incidence professionnelle ;
  • le déficit fonctionnel permanent.

Elle peut être assortie de la majoration pour tierce personne pour réparer les frais d’assistance.

Si ma blessure ou ma maladie est intervenue en service et susceptible d’entraîner des séquelles, je peux déposer une demande de pension militaire d’invalidité.

Mon infirmité reconnue imputable au service entraînant des troubles ou gênes fonctionnels peut être indemnisée si son taux atteint les seuils définis par le code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre (CPMIVG) de :

  • 10 % pour une blessure ;
  • 30 % pour une maladie (10% pour une maladie contractée en OPEX)

Le dépôt d’une demande est une condition essentielle à l’octroi d’une PMI par l’administration.

J'ai la possibilité de déposer une demande à tout moment et sans délai à partir de la date de constatation médicale de l’infirmité subie.

Il est cependant conseillé d’effectuer la demande immédiatement après le constat médical des infirmités.

Ma demande de pension (demande initiale, renouvellement, infirmité nouvelle, aggravation ou autre révision) peut être réalisée directement en ligne sur Internet via la plateforme sécurisée "Démarches simplifiées" depuis la rubrique "Démarches en ligne" du site Maison numérique des blessés et des familles ou par envoi par courrier simple ou lettre recommandée avec accusé de réception en renseignant le formulaire

Je dois impérativement dater et signer ma demande, autoriser la communication des documents médicaux et joindre les documents indiqués (pièces d’état civil, justificatifs administratifs et médicaux).

Dans le cas d’une hospitalisation à la suite d’un accident grave qui me met dans l’incapacité de la faire moi-même, la demande de PMI est constituée d’office par l’hôpital d’instruction des armées (HIA) où je suis hospitalisé, un médecin de mon antenne médicale, mon commandement ou un proche. Un soutien est également possible de la part de l’assistant de service social.

Si mon état de santé s’aggrave, je peux solliciter une révision de ma pension en réalisant une demande d’aggravation de ma blessure ou de ma maladie à tout moment et sans condition de délai.

S’il est constaté une aggravation d’au moins 10 points du taux d’invalidité de mon infirmité déjà pensionnée ou de 10 points du taux global de ma pension, la révision de la pension donnera lieu à un nouveau droit à pension.

Sauf infirmités incurables (exemple : amputation), la PMI est concédée à titre temporaire pour une période de trois ans, renouvelable, après expertise(s) médicale(s) qui pourra donner lieu à l’établissement d’un nouveau taux d’invalidité, ou bien conduire au rejet de la demande de renouvellement si l’infirmité a disparue ou est devenue inférieure au minimum indemnisable.

Une PMI devient définitive après une période de trois ans pour une blessure, et après deux renouvellements de trois ans (soit au bout de neuf ans) pour une maladie.

Contacts

L’indemnisation au titre de la réparation intégrale

Le principe de réparation intégrale me permet d’être indemnisé pour la totalité des préjudices liés aux blessures ou maladies imputables au service (article L. 4251-7 du code de la défense).

D’une part, elle va compléter l’indemnisation des préjudices que ma PMI (pension militaire pour invalidité) a pour objet de réparer forfaitairement dans le cas où ma PMI n’en assure pas déjà une réparation intégrale, il s’agit des postes de préjudice suivants : déficit fonctionnel, pertes de gains, incidence professionnelle, allocation tierce personne.

D’autre part, elle indemnisera tous les autres postes de préjudice en lien avec le dommage subi que ma PMI n’a pas pour objet de réparer :

  • Préjudices patrimoniaux :
    • Frais d’adaptation du logement ou du véhicule
    • Dépenses de santé
    • Frais divers
  • Préjudices extra-patrimoniaux :
    • souffrances endurées avant la consolidation ;
    • préjudice esthétique temporaire et/ou permanent ;
    • préjudice sexuel ;
    • préjudice d’agrément ;
    • préjudice d’établissement ;
    • préjudice permanent exceptionnel.

Il convient de préciser que si cette indemnisation vient en complément de la pension militaire d’invalidité, elle est attribuée de manière indépendante : les fondements et critères d’attribution sont différents de ceux retenus pour la PMI.

Important

Ma demande d'indemnisation complémentaire devra être effectuée dans un délai de quatre ans à compter du premier jour de l'année suivant la date de consolidation de mon état de santé. Par exemple, si la date de consolidation de mon état de santé est fixée au 2 février 2022, le point de départ du délai de prescription court à compter du 1er janvier 2023, je dois donc déposer ma demande d'indemnisation complémentaire avant le 1er janvier 2027.

Si j’ai subi un accident ou une maladie imputable au service, je peux formuler une indemnisation au titre de la réparation intégrale.

En cas d'aggravation de mon état de santé, c'est-à-dire, dans le cas où j'ai déjà bénéficié d'une indemnisation pour une maladie ou une blessure intervenue en service et que mes préjudices s'aggravent, je peux déposer une nouvelle demande afin de bénéficier d'une indemnisation complémentaire pour cette aggravation.

Les postes de préjudice qui seront indemnisés au titre de ma demande seront déterminés à la suite d'une expertise médicale, une fois que mon état de santé sera consolidé. La consolidation correspond à la date à laquelle mon état de santé s’est stabilisé et mes séquelles n'évoluent plus.

Pour effectuer une demande d’indemnisation complémentaire, je réalise ma démarche directement en ligne via la plateforme sécurisée "Démarches numériques" accessible depuis la rubrique "Démarches en ligne" du site Maison numérique des blessés et des familles ou par courrier simple ou lettre recommandée au service compétent en renseignant le formulaire et en joignant :

  • une pièce d’identité en cours de validité (recto verso) :
  • un relevé d’identité bancaire ;
  • tout document permettant d’établir le lien au service de la blessure ou de la maladie (ex : attestation de séjour, rapport circonstancié, extrait du registre des constatations, etc.)
  • la copie du certificat médical de consolidation, le cas échéant, et toute pièce médicale utile relative aux soins reçus au titre de la blessure/maladie concernée
  • si j'ai subi une blessure ou une maladie en service (hors opération extérieure ou mission opérationnelle), l'instruction de ma demande est du ressort du service local du contentieux (SLC) ou de la direction du commissariat en Outre-mer ou à l'étranger (DICOM) compétente pour la base de défense (BdD) dans laquelle je suis/j'étais affecté lors de la survenance de ma blessure ou de ma maladie. Les coordonnées des SLC et des DICOM ainsi que la liste des BdD rattachées se trouvent dans le champ "contacts" ci-dessous ;

Le service instructeur de ma demande d'indemnisation complémentaire dépend des circonstances de ma blessure ou de ma maladie :

si j'ai subi une blessure ou une maladie en lien avec une vaccination obligatoire dans le cadre du service ou si l'indemnisation pour mes préjudices dépasse 100 000 euros, l'instruction de ma demande est du ressort du bureau du contentieux de la responsabilité (BCR) de la direction des affaires juridiques (DAJ) du ministère des Armées et des Anciens Combattants.

Si je suis gendarme

Pour les militaires de la gendarmerie nationale, ce sont les secrétariats généraux pour l’administration du ministère de l’Intérieur (SGAMI) qui assurent la gestion complète des demandes d’indemnisation des réservistes blessés, depuis l’instruction des dossiers jusqu’au règlement des compensations financières. Leur compétence s’étend jusqu’au paiement effectif de l’indemnité.
À noter que pour les gendarmes blessés en outre-mer, l'organisme compétent pour instruire leur dossier est le service administratif et technique de la police nationale (SATPN).
Leur mission : l’enregistrement, le traitement des dossiers et le recensement des provisions financières allouées. Certains cas, notamment ceux impliquant des préjudices importants peuvent être traité par la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ). Le militaire doit s'adresser à son conseiller protection sociale du réserviste (CPSR) pour l'accompagner dans sa demande.

Le service local du contentieux de Bordeaux traite les demandes d'indemnisation complémentaire des militaires affectés dans les bases de défense suivantes : Bordeaux - Mérignac, Cazaux, Mont-de-Marsan, Pau - Bayonne - Tarbes, Toulouse - Castres, Montauban - Agen, Brive-la-Gaillarde, Poitiers - Saint-Maixent, Rochefort - Cognac, Angoulême, Clermont-Ferrand.

Le service local du contentieux de Metz traite les demandes d'indemnisation complémentaire des militaires affectés dans les bases de défense suivantes : Besançon, Epinal - Luxeuil, Belfort, Colmar, Nancy, Metz, Verdun, Phalsbourg, Strasbourg - Haguenau, Saint-Dizier - Chaumont, Charleville-Mézières, Mourmelon - Mailly, Dijon, Lille, Creil.

Le service local du contentieux de Rennes traite les demandes d'indemnisation complémentaire des militaires affectés dans les bases de défense suivantes : Rennes, Brest - Lorient, Vannes - Coëtquidan, Angers - Le Mans - Saumur, Cherbourg, Orléans - Bricy, Bourges - Avord, Tours, Evreux, Montlhéry, Ile-de-France (GSBdD Paris - Ecole militaire, Saint-Germain-en-Laye, Versailles, Villacoublay et Vincennes.

Le service local du contentieux de Toulon traite les demandes d'indemnisation complémentaire des militaires affectés dans les bases de défense suivantes : Calvi, Ventiseri - Solenzara, Toulon, Draguignan, Saint-Christol, Nîmes - Orange - Laudun, Istres - Salon-de-Provence, Marseille - Aubagne, Carcassonne, Lyon-Mont Verdun, Valence, La Valbonne, Grenoble - Annecy - Chambéry, Gap. Il traite également les dommages survenus dans l'arrondissement maritime Méditerranée.

Pour l'Outre-mer ou à l'étranger, l'instruction peut relever de : la DICOM DjiboutiDICOM La Réunion MayotteDICOM Nouvelle CalédonieDICOM AntillesDICOM Polynésie française ou du Centre interarmées de soutien juridique (CIJ).

Contacts

Les fonds de prévoyance

En tant que militaire de réserve opérationnelle, je suis obligatoirement et automatiquement affilié, pour la couverture de certains risques, au fonds de prévoyance militaire (FPM) ou au fonds de prévoyance de l'aéronautique (FPA).

Administrés par l'Établissement public national des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique (EPFP), établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre de la défense, ces fonds sont principalement alimentés, dans des conditions définies par arrêté (arrêté du 24 mai 2023 pris en application de l'article R. 3417-30 du code de la défense et précisant les modalités de versement des cotisations des personnels affiliés aux fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique), par la perception de cotisations de leurs affiliés lesquelles sont généralement directement prélevées et reversées aux fonds par les organismes en charge de leur rémunération.

En contrepartie de cette affiliation et de cette cotisation, l’EPFP verse aux personnels affiliés à ces fonds les allocations instituées par voie réglementaire, en cas de blessure ou d'infirmité imputable au service ou en relation avec celui-ci, ou des secours (1re mission).

Plus spécialement, l’allocation « blessure OPEX » peut être accordée aux militaires réservistes blessés. Il s’agit d’une allocation attribuée en cas de blessure physique ou psychique imputable à une opération extérieure (OPEX) et après consolidation définitive médicalement constatée à compter du 27 septembre 2013 pour ceux affiliés au FPM et à compter du 17 novembre 2013 pour ceux affiliés au FPA.

Suivant les allocations et leur bénéficiaire, leur montant varie, le cas échéant, en fonction de la catégorie de personnel (officier/non officier), de la situation de famille (« chargé de famille »/« célibataire », c’est-à-dire ni marié, ni pacsé et sans enfant à charge ; avec ou sans enfant à charge), du taux d'invalidité (PMI) ou encore des circonstances de l’événement (imputable ou non à un risque en service aérien tels que définis à l'article R. 4123-25 du code de la défense ou à l'un des risques exceptionnels spécifiques au métier militaire énumérés à l'article D. 4123-9 du même code, imputable au service ou en relation avec celui-ci pour les décès) susceptibles de majorer ou de réduire le montant de référence.

Dans tous les cas, les allocations versées sont incessibles et insaisissables.

Les demandes d’allocation peuvent se faire :

  • de préférence, de manière dématérialisée depuis le site de la Maison numérique des militaires blessés et des familles (MNBF) permettant de déposer directement sa demande en ligne en renseignant les formulaires électroniques disponibles sur « Démarche numérique » ;
  • par courrier :
    • les formulaires « papier » sont également disponibles sur le site MNBF ;
    • ils sont à transmettre, avec les pièces justificatives demandées, à l’adresse suivante :

 

Caisse des dépôts et consignations

Unité Liquidation PPF110

6 Place des citernes

33059 BORDEAUX CEDEX


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